{"id":1754,"date":"2019-11-24T09:44:39","date_gmt":"2019-11-24T08:44:39","guid":{"rendered":"https:\/\/puycapel.fr\/?page_id=1754"},"modified":"2019-11-24T09:44:43","modified_gmt":"2019-11-24T08:44:43","slug":"calvinet-et-eustache-de-beaumarchais","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/puycapel.fr\/index.php\/calvinet-et-eustache-de-beaumarchais\/","title":{"rendered":"Calvinet et Eustache de Beaumarchais"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.calvinet.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/image002.jpg\"><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.calvinet.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/image002.jpg\" alt=\"image002\" class=\"wp-image-237\"\/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong><em>Extrait de la notice historique sur le canton de Montsalvy, r\u00e9dig\u00e9e par Gabriel ESQUER (1876-1961), archiviste du d\u00e9partement du Cantal entre 1903 et 1909, publi\u00e9e dans les \u00e9ditions successives de l\u2019annuaire de l\u2019Association amicale des originaires du canton de Montsalvy.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le pr\u00e9sent extrait est tir\u00e9 de l\u2019\u00e9dition de cet annuaire du mois d\u2019octobre 1936.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame que Montsalvy \u00e9tait le chef lieu eccl\u00e9siastique du pays, de m\u00eame Calvinet en \u00e9tait la capitale judiciaire. Cette petite ville \u00e9tait le si\u00e8ge d\u2019un bailliage&nbsp; dont le personnel \u00e9tait compos\u00e9 d\u2019un juge ordinaire et d\u2019appeaux, d\u2019un lieutenant g\u00e9n\u00e9ral civil et criminel, d\u2019un commissaire examinateur et d\u2019un substitut du procureur du roi.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire de Calvinet est li\u00e9e au XIII\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 celle d\u2019un homme qui a jou\u00e9 un r\u00f4le historique des plus importants, Eustache de Beaumarchais.<\/p>\n\n\n\n<p>Celui-ci \u00e9tait n\u00e9 dans la r\u00e9gion orl\u00e9anaise. C\u2019\u00e9tait un de ces seigneurs de petite noblesse parmi lesquels la royaut\u00e9 administrative des premiers Cap\u00e9tiens choisit souvent des repr\u00e9sentants en province, baillis et s\u00e9n\u00e9chaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Eustache de Beaumarchais arriva vers 1265 en Auvergne, o\u00f9 il devait exercer plus tard les fonctions de bailli des montagnes d\u2019Auvergne. Ce terme d\u00e9signait le haut pays d\u2019auvergne et comprenait les trois archipr\u00eat\u00e9s et pr\u00e9v\u00f4t\u00e9s d\u2019Aurillac, Saint-Flour et Mauriac.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pays \u00e9tait alors en proie \u00e0 la guerre civile. Les domaines d\u2019Alphonse de Poitiers, fr\u00e8re de louis IX, repr\u00e9sentant l\u2019autorit\u00e9 royale, venaient d\u2019\u00eatre envahis au cours d\u2019une guerre entre les puissants seigneurs f\u00e9odaux du pays, Guillaume V Comtour, seigneur d\u2019Apchon, et le vicomte de Murat. Alphonse de Poitiers envoya aussit\u00f4t des troupes au secours de ses officiers, ainsi que des commissaires pour informer. Parmi ceux-ci \u00e9tait Eustache de Beaumarchais, s\u00e9n\u00e9chal de Toulouse.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est durant ce voyage en Haute Auvergne qu\u2019il fit la connaissance d\u2019une des riches h\u00e9riti\u00e8res du pays, Marine, qui habitait alors Aurillac.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle \u00e9tait fille de D\u00e9odat de Vigouroux, chevalier seigneur de Calvinet, et de Philippie de Salers, qui vivaient encore en 1255.<\/p>\n\n\n\n<p>Du chef de son p\u00e8re, elle \u00e9tait dame de Calvinet, Roussy et Caylus dans le canton de Montsalvy, arrondissement d\u2019Aurillac, \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 sud du Carladez&nbsp;; probablement aussi, mais sous la suzerainet\u00e9 du vicomte de Murat, de la seigneurie de Chambeuil, dans la vall\u00e9e d\u2019Allagnon (canton de Murat) dont les p\u00e2tures alpestres du Lioran d\u00e9pendaient en grande partie. Elle s\u2019\u00e9tendait m\u00eame du cot\u00e9 du Plon.<\/p>\n\n\n\n<p>Par sa m\u00e8re, Philippie de Salers, morte \u00e9galement, elle avait h\u00e9rit\u00e9 d\u2019une part dans les fiefs, d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s morcel\u00e9s, de Salers et de Tournemire, beaux domaines seigneuriaux, desquels relevaient des montages \u00e0 vacheries plus plantureuses encore que celles du Lioran. Un des tours du ch\u00e2teau de Salers portait le nom de Tour de Calvinet. Son oncle, le chef de sa famille maternelle, \u00e9tait cet Helme de Salers qui avait accompagn\u00e9 Saint-Louis et Alphonse de Poitiers \u00e0 la croisade de 1250, o\u00f9 il \u00e9tait rest\u00e9 prisonnier des Sarrazins pendant plusieurs ann\u00e9es. A son retour, il trouva son beau-fr\u00e8re, D\u00e9odat de Vigouroux en possession du ch\u00e2teau de Salers et de tout l\u2019h\u00e9ritage de la maison. On composa&nbsp;; D\u00e9odat, en retint la moiti\u00e9. Helme vivait encore lors du mariage de sa ni\u00e8ce Marine. Guy de Salers le plus jeune fr\u00e8re de Philippie, \u00e9pousa une fille de Guy III d\u2019Escorailles, petite ni\u00e8ce d\u2019Algayette d\u2019Escorailles, comtesse de Rodez et vicomtesse de Carlat par son mariage avec Henri 1er de Rodez, cette belle Algayette qu\u2019ont chant\u00e9e les troubadours. Salers fut une des seigneuries contest\u00e9es entre Alphonse de Poitiers et l\u2019\u00e9v\u00eaque de Clermont.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dire que Marine, propri\u00e9taire des montagnes couvrant une partie du canton de Salers et s\u2019\u00e9levant d\u2019un autre cot\u00e9 jusqu\u2019au lioran et au plon du Cantal, \u00e9tait une dame des montagnes et une h\u00e9riti\u00e8re tr\u00e8s en vue. L\u2019or qui descendait des hautes p\u00e2tures affluait dans ses coffres comme le sang des plus veilles races du Haut-Pays coulait dans ses veines. Elle avait en outre des biens \u00e0 Cassaniouze, \u00e0 Marcol\u00e8s, dans la banlieue d\u2019Aurillac, et de nombreuses maisons dans la ville. Je ne serais pas supris que quelque chose des ses h\u00f4tels d\u2019Aurillac, de ses terres de Marcol\u00e8s et de Cassaniouze lui v\u00eent de son premier mari, Pons de Villa, mort en 1260 ou&nbsp; 1261, car celui-ci avait maisons et biens aux m\u00eames lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Marine avait \u00e9t\u00e9 mari\u00e9e une premi\u00e8re fois \u00e0 Pons de Villa sur lequel nous savons peu de chose, mais qui devait \u00eatre cependant un personnage d\u2019importance, puisque, au mois de juin 1260, le comte de Rodez lui donnait tout ce qu\u2019il poss\u00e9dait dans la paroisse de Cassaniouze. Sa veuve lui resta fid\u00e8le six ans, et dans son testament de 1280, elle voulut \u00eatre inhum\u00e9e au cimeti\u00e8re Saint G\u00e9raud d\u2019Aurillac dans le tombeau de Pons de Villa, et ce fut son second mari qu\u2019elle chargea de cette commission.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mariage de Beaumarchais et de Marine \u00e9tait accompli en 1266. Le S\u00e9n\u00e9chal de Toulouse devenait \u00e0 la fois vassal d\u2019Alphonse de Poitiers et du Vicomte de Carlat&nbsp;, et l\u2019un des plus puissants propri\u00e9taires de la Haute-Auvergne.<\/p>\n\n\n\n<p>Les domaines que lui apportait sa femme \u00e9taient en effet heureusement situ\u00e9s. Le fort ch\u00e2teau de Salers, dans une position presque inexpugnable, commandait la pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 de Mauriac presque au point de rencontre de celles d\u2019Aurillac et de Saint-Flour. La terre de Calvinet, mi partie en Auvergne et en Rouergue, \u00e0 peu de distance du Quercy, en commandait l\u2019une des entr\u00e9es au Sud. Du c\u00f4t\u00e9 du Nord, la seigneurie de Chambeuil, qu\u2019Eustache l\u2019e\u00fbt achet\u00e9e ou re\u00e7ue en mariage, barrait le col du Lioran dans la vall\u00e9e d\u2019Allagnon, l\u2019une des passes les plus fr\u00e9quent\u00e9es pour aller du centre de la France \u00e0 Toulouse. Eustache acquit aussit\u00f4t, nous le verrons plus loin, en 1265 ou 1266, avant P\u00e2ques, le fief de Falcimagne, &nbsp;dans la paroisse de Cheylade, aux limites des arrondissements de Murat, Aurillac et Mauriac. Adoss\u00e9 aux sommets les plus \u00e9lev\u00e9s de la r\u00e9gion, il y trouvait des refuges presque inaccessibles. Que la faveur du prince v\u00eent se joindre \u00e0 cela et l\u2019avenir pouvait \u00eatre beau devant Beaumarchais, admirablement taill\u00e9 pour r\u00e9ussir.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussit\u00f4t, la paix r\u00e9tablie entre le vicomte de Murat, les Tournemire et le Comtour, Eustache s\u2019\u00e9tablit \u00e0 Calvinet et entreprend de remplacer le ch\u00e2teau qui s\u2019y trouvait par une grande forteresse. Il ne l\u2019a pas plut\u00f4t commenc\u00e9e que l\u2019exc\u00e8s des corv\u00e9es et des tailles occasionn\u00e9es par ces exceptionnels travaux, fait na\u00eetre des difficult\u00e9s entre lui et ses nouveaux sujets. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, il conna\u00eet le moyen de couper court au conflit&nbsp;; il l\u2019emploiera souvent au cours de sa longue carri\u00e8re&nbsp;; il leur ferme la bouche avec une charte de franchises&nbsp;; c\u2019est le monde de transaction courant. Mais il la b\u00e2tit, comme le ch\u00e2teau, tout \u00e0 son avantage, et si les prud\u2019hommes de Calvinet ont cru avoir conquis la libert\u00e9 municipale, ils se sont bien tromp\u00e9s. Nous \u00e9tudierons plus loin cette charte que Marine octroya avec lui au mois d\u2019avril 1266.<\/p>\n\n\n\n<p>A la suite d\u2019\u00e9v\u00e9nements dont le r\u00e9cit ne saurait trouver place ici, il y eut de la part des divers seigneurs f\u00e9odaux du Carladez une r\u00e9vision g\u00e9n\u00e9rale de leurs fiefs. Les seigneurs de la r\u00e9gion se divis\u00e8rent en deux groupes, les uns se reconnaissant vassaux du vicomte de Carlat, et les autres d\u2019Alphonse de Poitiers. Parmi ces derniers fut Eustache de Beaumarchais, qui rendit hommage de sa terre de Calvinet entre 1266 et 1268. En septembre 1268, l\u2019oncle de sa femme, Helme de Salers, chevalier, rendit hommage \u00e0 Alphonse \u00ab&nbsp;pour le ch\u00e2teau de Salers et tout ce qu\u2019il poss\u00e8de entre l\u2019Auge et la Maronne&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce bouleversement politique eut comme cons\u00e9quence la guerre civile dont quelques faits permettent d\u2019appr\u00e9cier les ravages.<\/p>\n\n\n\n<p>Les bandes enr\u00f4l\u00e9es par les seigneurs du Carladez d\u00e9solaient le pays et les contr\u00e9es voisines. En 1267, les routiers \u00e9taient plus forts que chacun des deux partis qui s\u2019unissaient parfois momentan\u00e9ment pour les combattre. C\u2019est ainsi qu\u2019ils cern\u00e8rent Henri de Rodez pr\u00e8s d\u2019Aurillac, et celui-ci courut un tel danger que les officiers royaux se virent oblig\u00e9s de requ\u00e9rir une lev\u00e9e des communes de Haute Auvergne et du Quercy. Les bourgeois de Figeac refus\u00e8rent de marcher hors de leur dioc\u00e8se, all\u00e9guant leurs coutumes. De m\u00eame, ils refus\u00e8rent de fournir leur contingent pour assi\u00e9ger le ch\u00e2teau de Caylus. La monarchie ne perdit par l\u2019occasion d\u2019affirmer dans cette circonstance son droit et son devoir de police sup\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p>Par arr\u00eat du 8 novembre 1267, le parlement royal condamna les bourgeois de Figeac \u00e0 l\u2019amende, \u00e0 raison de leur d\u00e9sob\u00e9issance. Il fallut assembler l\u2019ost royal. Louis IX envoya son bailli de Bourges, Henri de Gandonvilliers, et son s\u00e9n\u00e9chal du P\u00e9rigord, Raoul de Trappes, avec les troupes de leurs provinces. Un des chevaliers de son h\u00f4tel, Nicolas de Menet, seigneur de Haute-Auvergne, re\u00e7ut pareille commission et se joignit \u00e0 eux. Les bandits furent refoul\u00e9s des plaines de la pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 d\u2019Aurillac, dans les gorges de la montagne o\u00f9 l\u2019hiver dut emp\u00eacher de les poursuivre. Apr\u00e8s quoi, l\u2019ost royal regagna le centre et le sud-ouest de la France, sans avoir d\u00e9truit le fl\u00e9au.<\/p>\n\n\n\n<p>Beaumarchais prit une part active \u00e0 cette exp\u00e9dition&nbsp;; la preuve en est qu\u2019Alphonse le d\u00e9signa en 1268, parmi les t\u00e9moins \u00e0 faire entendre dans sont int\u00e9r\u00eat au sujet de l\u2019affaire de S\u00e9nezergues. Son abstention e\u00fbt \u00e9t\u00e9 des plus surprenantes dans un conflit o\u00f9 ses int\u00e9r\u00eats \u00e9taient en jeu, aussi bien que ceux de son seigneur Alphonse.<\/p>\n\n\n\n<p>Un incident f\u00e2cheux vint donner un caract\u00e8re tr\u00e8s aigu au conflit dans le moment m\u00eame o\u00f9 l\u2019on paraissait sur le point de s\u2019entendre et o\u00f9 les efforts de tous \u00e9taient n\u00e9cessaires contre les bandits. Le pays de B\u00e9naz\u00e8s (\u00e0 peu pr\u00e8s le canton de Montsalvy) \u00e9tait l\u2019une des parties de son apanage \u00e0 laquelle Henri de Rodez tenait le plus&nbsp;; il en porta m\u00eame le nom quelque temps. Ce petit pays de la vicomt\u00e9 de Carlat, avec la place de Montsalvy, sa capitale, confinait au comt\u00e9 de Rodez, dont il \u00e9tait l\u2019h\u00e9ritier, sur un point strat\u00e9gique de grande importance, \u00e0 la jonction de trois provinces. Il commandait, non loin de son embouchure dans le Lot, l\u2019entr\u00e9e de la vall\u00e9e de la Truy\u00e8re, qui traverse le Carladez de part en part, dans le sens de sa longueur. Le ma\u00eetre du B\u00e9naz\u00e8s \u00e9tait un danger pour ses voisins du Rouergue, de l\u2019Auvergne et du Quercy, et le principal chevalier du vicomte, dans cette r\u00e9gion, \u00e9tait Archambaud de la Roque, coseigneur de S\u00e9nezergues, voisin de Beaumarchais.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bailli des Montagnes, Geoffroy dit Troillart, r\u00e9pondit \u00e0 l\u2019aveu fait \u00e0 Henri par Archambaud de la Roque, en s\u2019emparant de son fief et en le mettant sous la main d\u2019Alphonse. Cela fait, il assigna, vers le mois de d\u00e9cembre 1267, Raymond de Montsalvy, damoiseau, bailli de B\u00e9naz\u00e8s, ou de Montsalvy pour Henri de Rodez, \u00e0 compara\u00eetre devant lui au ch\u00e2teau de S\u00e9nezergues. Ce ch\u00e2teau et sa ch\u00e2tellenie \u00e9taient indivis pour une grosse part entre Archambaud, vassal du vicomte de Carlat et Eustache de Beaumarchais qui entendait ne relever que d\u2019Alphonse. L\u2019officier rouergat s\u2019y rendit, mais en armes, avec une escorte, dont deux sergents arm\u00e9s aussi, et il assi\u00e9gea l\u2019homme du prince dans la tour. Le bailli des Montagnes fait une sortie le second jour, tue Raymond de Montsalvy, blesse un des sergents et met les assi\u00e9geants en fuite. A cette nouvelle, Henri de Rodez accourt, force le \u00ab&nbsp;repaire&nbsp;\u00bb de S\u00e9nezergues et porte plainte \u00e0 l\u2019apanagiste (janvier 1268). Cette affaire rompit les n\u00e9gociations. Le 16, Alphonse chargeait Guillaume Roux de faire une enqu\u00eate sur la v\u00e9rit\u00e9 des faits, d\u2019en dresser un rapport \u00e9crit et de lui apporter \u00e0 Paris le troisi\u00e8me ou le quatri\u00e8me jour apr\u00e8s la quinzaine de la Chandeleur. L\u2019enqu\u00eate tourna contre les officiers d\u2019Henri. Elle constata aussi que ceux d\u2019Alphonse avaient la possession l\u00e9gitime de la moiti\u00e9 indivise de S\u00e9nezergues, tour et fief qu\u2019Henri s\u2019\u00e9tait injustement empar\u00e9 de tout. \u00ab&nbsp;Amendez vos torts, \u00e9crit le prince d\u2019un ton de ma\u00eetre \u00e0 Henri de Rodez, le 21 f\u00e9vrier 1268, de Longpont pr\u00e8s Paris o\u00f9 il se trouvait, amendez vos torts et ceux de vos gens, nous sommes pr\u00eats \u00e0 amender ceux des n\u00f4tres, s\u2019ils sont \u00e9tablis&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il exigeait que, pr\u00e9alablement \u00e0 toute action, S\u00e9nezergues fut \u00e9vacu\u00e9 par son adversaire. Mais du c\u00f4t\u00e9 des Rouergats, vassaux d\u2019Aragon, on niait l\u2019attaque \u00e0 main arm\u00e9e et on ne voyait que &nbsp;le meurtre d\u2019un des officiers de la maison de Rodez.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ces circonstances qu\u2019Eustache de Beaumarchais, que sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 Alphonse de Poitiers faisait consid\u00e9rer comme un fonctionnaire s\u00fbr, fut nomm\u00e9 bailli des montagnes d\u2019Auvergne dans le courant de l\u2019automne 1268 ou de l\u2019hiver 1269, avec la mission de d\u00e9truire les rassemblements des bandits qui d\u00e9solaient l\u2019Auvergne. Il concentra dans ses mains tous les pouvoirs sup\u00e9rieurs, militaires et judiciaires de la r\u00e9gion. Il fut un dictateur dont la mission se r\u00e9suma dans ces deux mots&nbsp;: prendre et pendre.<\/p>\n\n\n\n<p>***<\/p>\n\n\n\n<p>Le nom d\u2019Eustache de Beaumarchais ne nous est pas seulement connu comme celui d\u2019un hardi capitaine. Son r\u00f4le comme administrateur n\u2019est pas moins digne d\u2019\u00eatre not\u00e9. Il fut souvent charg\u00e9 par Philippe le Hardi d\u2019\u00eatre le m\u00e9diateur des innombrables diff\u00e9rends qui surgissaient \u00e0 cette \u00e9poque soit entre les commissaires royaux et les seigneurs f\u00e9odaux, soit entre ceux-ci et les villes. C\u2019est ainsi qu\u2019il r\u00e9visa en 1283 les coutumes de Toulouse&nbsp;; qu\u2019il dota d\u2019une charte de libert\u00e9s les habitants de Valence en Albigeois, de Grenade sur Garonne et de nombreuses villes de Gascogne. Plus pr\u00e8s de nous, il termina le diff\u00e9rend n\u00e9 entre la ville et l\u2019\u00e9v\u00eaque de Rodez, en 1277, et en 1280 il attacha son nom \u00e0 la Premi\u00e8re Paix conclue entre les habitants et l\u2019abb\u00e9 d\u2019Aurillac.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le mois d\u2019avril 1266, il avait octroy\u00e9 une charte de franchises \u00e0 ses sujets de Calvinet. C\u2019est l\u00e0 un fait qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre \u00e9tudi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Calvinet \u00e9tait depuis longtemps un chef-lieu de fief et de justice seigneuriale lorsque le mariage d\u2019Eustache avec Marine l\u2019en rendit ma\u00eetre. S\u2019il fallait en croire un \u00e9rudit de Rouergue, un certain \u00ab&nbsp;Nicolas de Moncancho, notaire \u00e0 Calvinet&nbsp;\u00bb y aurait libell\u00e9 en 1144 un acte de transaction r\u00e9glant les redevances dues par les paysans des hameaux de Maldamours et de la Bastide au seigneur de Roussy. Vu la date et l\u2019absence de texte \u00e0 l\u2019appui, laissons la responsabilit\u00e9 de cette all\u00e9gation \u00e0 son auteur qui peut-\u00eatre s\u2019est tromp\u00e9 d\u2019un si\u00e8cle. Toujours est-il que Calvinet \u00e9tait peu de chose avant Beaumarchais. Son r\u00eave, \u00e0 lui qui a b\u00e2ti des ch\u00e2teaux en Espagne, fut de le transformer en une des plus puissantes seigneuries de la r\u00e9gion&nbsp;; il en fit, du moins, la plus grande baronnie du Carladez.<\/p>\n\n\n\n<p>Il commen\u00e7a par le commencement et il y construisit, nous l\u2019avons vu, d\u00e8s les premiers temps de son mariage, un v\u00e9ritable ch\u00e2teau-fort \u00e0 plusieurs enceintes flanqu\u00e9es de tours, entour\u00e9es de foss\u00e9s et de palis. La premi\u00e8re mention des travaux est du 3 des nones d\u2019avril 1266.<\/p>\n\n\n\n<p>-Eustache stipula que&nbsp;\u00ab&nbsp;tout homme du village devait lui fournir la corv\u00e9e gratuite et en tous temps des transports pour la construction des tours, des murs, des foss\u00e9s et des palis du ch\u00e2teau de Calvinet. Il fit m\u00eame ajouter un post-scriptum \u00e0 la charge en vue des \u00e9difices qu\u2019il comptait \u00e9lever \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des enceintes&nbsp;: \u2013 \u00abOutre la construction du ch\u00e2teau de Calvinet, nos hommes de Calvinet devront faire la man\u0153uvre \u00e0 nos frais, aux maisons et constructions que nous \u00e9difierons pour notre service et notre usage dans le susdit ch\u00e2teau, \u00e0 raison d\u2019un homme par chaque maison d\u2019habitants, une fois la semaine, except\u00e9 entre la Saint-Jean et la Saint-Michel&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire pendant la lev\u00e9e des r\u00e9coltes. Mais ses vassaux ayant demand\u00e9 que la dur\u00e9e du nouvel assujettissement f\u00fbt limit\u00e9e, il consentit \u00e0 ce qu\u2019elle le fut \u00e0 \u00ab&nbsp;cinq ans, et de l\u00e0 en avant ils n\u2019y seront pas tenus\u2026 et nous voulons qu\u2019apr\u00e8s les cinq ans, ils soient exempts de toutes man\u0153uvres sauf celles sp\u00e9cialement impos\u00e9es par les dites coutumes&nbsp;\u00bb \u2013 La diff\u00e9rence se con\u00e7oit ais\u00e9ment. Les vassaux avaient le droit, de par la coutume f\u00e9odale, d\u2019\u00eatre re\u00e7us en temps de guerre, eux, leurs familles, leurs bestiaux et leur avoir mobilier, dans l\u2019enceinte de la forteresse. Ils travaillaient pour eux en aidant le seigneur \u00e0 la construire et \u00e0 l\u2019entretenir, tandis qu\u2019ils ne tiraient aucun profit des maisons, d\u00e9pendances et constructions de luxe ou de produit qu\u2019il plaisait \u00e0 celui-ci d\u2019\u00e9difier \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Les habitants n\u2019entendaient donc travailler gratis que pour les fortifications proprement dites.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons ainsi la date de construction du ch\u00e2teau de Calvinet. Commenc\u00e9 vers 1265, son ma\u00eetre estimait, en avril 1266, qu\u2019il lui faudrait encore cinq ans pour le parachever avec le concours de toute la population. Il est fort probable que l\u2019\u00e9dification de cette forteresse sur les marches du Rouergue par un chevalier du caract\u00e8re de Beaumarchais fut pour beaucoup dans la naissance des troubles du Carladez, car le vassal ne pouvait se fortifier sans l\u2019assentiment du suzerain, et ce suzerain \u00e9tait au moins en grande partie le vicomte de Carlat. Ce ch\u00e2teau fut de ceux dont Richelieu d\u00e9cida la destruction&nbsp;; il fut ras\u00e9 en 1634.<\/p>\n\n\n\n<p>La charte de libert\u00e9s donn\u00e9e \u00e0 la \u00ab&nbsp;communaut\u00e9 de Calvinet&nbsp;\u00bb par Eustache est la concession d\u2019un homme autoritaire, habile et fort pratique. La libert\u00e9 personnelle est accord\u00e9e aux habitants et aux \u00e9trangers qui viendront s\u2019\u00e9tablir dans les limites de la franchise de Calvinet d\u00e9limit\u00e9e par les ruisseaux de Teuli\u00e8re et de l\u2019Etang jusqu\u2019\u00e0 leur embouchure et le sommet du village ou puy appel\u00e9 le Puech Grand. Le bailli ne pourra les arr\u00eater, hors les cas pr\u00e9vus par la coutume, toutefois ils devront donner caution s\u2019ils appellent au seigneur de la d\u00e9cision de son officier en cas d\u2019infraction sur ce point. L\u2019\u00e9tranger sera re\u00e7u citoyen \u00ab&nbsp;mais si faire se peut et sans pr\u00e9judice d\u2019autrui&nbsp;\u00bb. Il ne conc\u00e8de aux habitants ni le droit de s\u2019assembler ni celui de s\u2019imposer sans son consentement. Ils auront des consuls, il n\u2019exprime point le droit de les \u00e9lire&nbsp;; c\u2019est lui qui les instituera pour une ann\u00e9e finissant le 26 d\u00e9cembre. \u00ab&nbsp;Item nos establirem en la dita vila cossols cadam lendema de Nadal&nbsp;\u00bb&nbsp;; c\u2019est \u00e0 lui et non aux consuls que les conseillers pr\u00eateront serment de donner de bons conseils.<\/p>\n\n\n\n<p>En droit civil et criminel, il se garde la part du lion. Tous les biens de l\u2019intestat \u00ab&nbsp;n\u2019ayant pas d\u2019h\u00e9ritier devant \u00eatre h\u00e9ritier&nbsp;\u00bb lui appartiendront si apr\u00e8s un an et un jour de d\u00e9p\u00f4t entre les mains du consul il ne se pr\u00e9sente aucun \u00ab&nbsp;h\u00e9ritier devant \u00eatre h\u00e9ritier&nbsp;\u00bb. Le ch\u00e2timent du larron et l\u2019homicide est laiss\u00e9 \u00e0 la merci du seigneur qui reste ma\u00eetre de toute leur fortune et de leur vie. Prises au pied de la lettre, plusieurs clauses seraient excessives&nbsp;: \u2013 \u00abSi un homme est condamn\u00e9, quelle que soit la condamnation, tout son bien reste pris sous notre main&nbsp;; on en paiera ses dettes, et le restant, s\u2019il y en a, sera n\u00f4tre&nbsp;\u00bb&nbsp;; sans doute la r\u00e8gle ne devait s\u2019appliquer qu\u2019aux crimes tr\u00e8s graves. Dans plusieurs cas de simples d\u00e9lits la peine est \u00e0 la discr\u00e9tion du juge. En cas de condamnation \u00e0 l\u2019amende pour n\u2019importe quelle cause, si le condamn\u00e9 ne paie pas, le juge remplacera l\u2019amende par telle peine qu\u2019il trouvera convenable, sans limitation. \u2013 Dans d\u2019autres esp\u00e8ces elle est sp\u00e9cifi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La ville est franche d\u2019imp\u00f4ts extraordinaires sauf pour trois cas&nbsp;: capture et ran\u00e7on du seigneur, mariage de sa fille, passage outre-mer pour p\u00e8lerinage&nbsp;: ce qui est mod\u00e9r\u00e9. Chaque maison ou grange mesurant 10 cannes en longueur et 4 sous l\u2019arc (de vo\u00fbte&nbsp;?) \u00e0 la mesure de Figeac, paiera six deniers.<\/p>\n\n\n\n<p>Au point de vue de l\u2019\u00e9tat de civilisation, citons la simple injure verbale punie de 3 sous d\u2019amende, de 6 sous le simple coup de poing pendant le march\u00e9, de 60 sous s\u2019il y a effusion de sang ne f\u00fbt-ce que par le nez&nbsp;; le jet dans la rue de \u00ab&nbsp;causas pudens et causas nosens&nbsp;\u00bb d\u2019immondices ou choses nuisibles, puni \u00e0 l\u2019arbitraire du juge&nbsp;; le duel consid\u00e9r\u00e9 comme usage courant quelle que soit la classe sociale, lorsque la dette est ni\u00e9e et non prouv\u00e9e, le \u00ab&nbsp;vaincu&nbsp;\u00bb devant payer seulement deux sous d\u2019amende, ce qui suppose ce moyen de preuve tr\u00e8s usit\u00e9, m\u00eame dans le peuple, et les combats peu meurtriers. Ainsi que presque partout ailleurs, l\u2019adult\u00e8re est \u00ab&nbsp;couru&nbsp;\u00bb comme on sait&nbsp;; mais \u00e0 Calvinet il a le choix de ce ch\u00e2timent humiliant et ridicule ou de payer 200 sous. Les consuls auront le service de vicinalit\u00e9&nbsp;; ils percevront le profit de certaines amendes pour contraventions rurales qui seront appliqu\u00e9es \u00e0 l\u2019entretien des rues et des mauvais pas laiss\u00e9s \u00e0 leurs droits et \u00e0 leurs charges. Le bailli doit les appeler pour juger les contraventions de voirie avec lui. Il est question d\u2019un notaire public \u00e9tabli par le seigneur, avec comp\u00e9tence sur toute sa terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a sur la march\u00e9 de Calvinet des perdrix, des li\u00e8vres, du lapin de garenne. La peau de loutre, gibier rare aujourd\u2019hui dans nos rivi\u00e8res par suite de la destruction du poisson, n\u2019est pas plus tax\u00e9e \u00e0 l\u2019entr\u00e9e que la peau de renard. Il y a des vignobles. Un des articles les plus curieux dans le tarif de la leyde est la vulgarisation de l\u2019usage du verre \u00e0 boire dans ce pays recul\u00e9&nbsp;; \u00ab&nbsp;le faix de hanaps de verre&nbsp;\u00bb apport\u00e9 par un \u00e9tranger est tarif\u00e9 un denier tout comme le \u00ab&nbsp;fait d\u2019\u00e9cuelles de grisailles&nbsp;\u00bb ou poterie de terre vulgaire, taux \u00e9tabli pour en encourager l\u2019apport.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les huit prud\u2019hommes souscripteurs de l\u2019acte, citons Jean et Guillaume de la Cour et Guillaume de la Roque (1).<\/p>\n\n\n\n<p>A part le tarif de la leyde, trait\u00e9 assez soigneusement \u2013on peut s\u2019en rapporter l\u00e0-dessus \u00e0 Beaumarchais- la charte se rapproche de celle de Najac. Il fit mieux plus tard si tant est qu\u2019il n\u2019ait pas voulu que ce code peu lib\u00e9ral f\u00fbt ainsi. Tel quel, c\u2019\u00e9tait un tr\u00e8s grand progr\u00e8s, de nature \u00e0 attirer les populations voisines, \u00e0 former un bourg autour du ch\u00e2teau qu\u2019il \u00e9tait en train de construire. Calvinet prit un rapide essor. De village, il devint une petite ville relativement bien sup\u00e9rieure \u00e0 ce qu\u2019il est aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><em>La particule ne pr\u00e9c\u00e8de pas leur nom, comme d\u2019ordinaire. Ce cas est fr\u00e9quent en Haute-Auvergne, au moyen-\u00e2ge, m\u00eame pour les familles les plus nobles et les plus puissantes.<\/em><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Une fois la forteresse debout, et lui parvenu aux fonctions de s\u00e9n\u00e9chal de Toulouse et d\u2019Albigeois, Beaumarchais s\u2019occupa, sans perdre de temps, de constituer le corps de la baronnie en l\u2019agrandissant et en \u00e9liminant les innombrables propri\u00e9taires f\u00e9odaux du territoire. Ici l\u2019inventaire des titres de Calvinet dress\u00e9 en 1434 par Robert de Chalus pour le duc Charles de Bourbon alors seigneur du lieu, nous fournit de nombreux renseignements.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1273 et 1274, il ach\u00e8te \u00e0 Durand Poyol et Hugue Chantrac tout ce qu\u2019ils ont \u00e0 la Vinzelle, fief rouergat contigu \u00e0 celui de Calvinet. Il traite avec les abb\u00e9s de Maurs et d\u2019Aurillac au sujet de leurs terres du canton de Montsalvy. Il acquiert les biens de Bertrand de Valon entre le ch\u00e2teau de la Vinzelle et Cassaniouze sur les confins du Rouergue. Les acquisitions suspendues pendant son gouvernement de Navarre recommencent aussit\u00f4t son retour. Ce sont des droits vexants et on\u00e9reux d\u2019albergemont dus dans la Vinzelle, \u00e0 Begon de Longueserre pour lui, cinq chevaliers et cinq pages, qu\u2019il rach\u00e8te de ce seigneur au mois de novembre 1279&nbsp;; la suzerainet\u00e9 de la part indivise d\u2019Aymeric dans le mas de B\u00e9s, paroisse de Junhac&nbsp;; la part d\u2019Aton III de La Roque, chevalier, fils d\u2019Aton II, et de son fr\u00e8re Archambaud de&nbsp; La Roque, damoiseau, sur le ch\u00e2teau de la Vinzelle qu\u2019il se fait c\u00e9der en 1281&nbsp;; tous ceux de G\u00e9raud d\u2019Aldigier et de sa femme Elise sur les paroisses de Saint-Porcher (Sancto Porcheno), de Noailhac, de Flagnac et de la Vinzelle, en Rouergue et en Auvergne, qu\u2019il ajoute encore moyennant finance (janvier 1281). \u2013 Ses acquisitions de l\u2019ann\u00e9e 1281, constat\u00e9es par treize actes diff\u00e9rents, sont consid\u00e9rables. A Astorg Lasfrata et \u00e0 son neveu Guillaume, \u00e0 Ad\u00e9mar Gaucerand, \u00e0 Garnier et \u00e0 Bertrand de Tr\u00e9mouille, \u00e0 Bertrand Aldigier, \u00e0 Raymond Escafred de la Vinzelle, \u00e0 Hugue de Roquefort, leur part de la seigneurie de la Vinzelle&nbsp;; \u00e0 Simonne veuve de Pierre de Roquefort en Rouergue, au nom de leurs enfants Rigaud, Sibille et Estelle, la moiti\u00e9 d\u2019une maison dans le ch\u00e2teau de la Vinzelle&nbsp;; \u00e0 Bernard du Mas, damoiseau, sa portion du m\u00eame ch\u00e2teau&nbsp;; de m\u00eame \u00e0 Pons de Corbie tout ce qu\u2019il poss\u00e8de dans la m\u00eame terre ainsi que dans les paroisses de Saint-Porcher et de Grand-Vabre&nbsp;; \u00e0 Rostaing de Bess\u00e9juols ses droits sur les villages d\u2019Entraigues (Inter aquis), de Puech Guillaume et de la Roaldie, sur l\u2019affar du Bousquet et la paroisse de Ginouillac. En 1282, il ach\u00e8te \u00e0 G\u00e9raud Nicolas, pr\u00eatre, l\u2019affar du T\u00e9ron des Nicolas et tous ses droits dans la paroisse de Ginouillac. En 1283, le jeudi avant les Rameaux, il acquiert par \u00e9change de Guillaume de Vialaret, prieur de Saint-Yrieix, des rentes sur le mas de Beaumont, et d\u2019autres possessions du pr\u00e9v\u00f4t et du monast\u00e8re de Montsalvy, les 2 novembre 1284 et 12 novembre 1285. En 1286, c\u2019est \u00e0 Henri de Rodez, comte de Rodez et vicomte de Carlat, qu\u2019il demande de lui c\u00e9der contre d\u2019autres terres les rentes de la paroisse de Ginouillac, des ch\u00e2tellenies de Rignac et de Belcastel en Rouergue.<\/p>\n\n\n\n<p>A la fin de l\u2019ann\u00e9e 1285, il hommage \u00e0 Philippe le Bel qui vient de remplacer son p\u00e8re sur le tr\u00f4ne, pour ses ch\u00e2tellenies de Ginouillac &nbsp;et de Roussy. L\u2019hommage fut fait \u00e0 Villefranche du Rouergue entre les mains des commissaires royaux, l\u2019archev\u00eaque de Narbonne et le mar\u00e9chal de Mirepoix. Ses acquisitions ne furent pas m\u00eame interrompues sous son second commandement en Espagne.<\/p>\n\n\n\n<p>La rente viag\u00e8re de 400 livres \u00e0 prendre sur la recette du bailliage royal d\u2019Auvergne qu\u2019il re\u00e7ut du roi apr\u00e8s son retour de Catalogne (1285) n\u2019\u00e9tait pas de trop, car cette seconde campagne le greva beaucoup. Endett\u00e9, ses achats se ralentissent \u00e0 ce moment. Il ach\u00e8te cependant, au mois de novembre 1286, \u00e0 Hugue Molinier, pr\u00e9cepteur des Hospitaliers de Gaillac au dioc\u00e8se d\u2019Albi et \u00e0 G\u00e9raud Aldigier les biens donn\u00e9s par celui-ci \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Gaillac dans les paroisses de la Vinzelle et de Saint-Porcher.<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous suivons de la sorte Eustache de Beaumarchais dans une partie de ses acquisitions, c\u2019est que nous assistons l\u00e0 au travail de formation d\u2019une baronnie. Il fallait pour cela r\u00e9unir, suivant la coutume, quatre ch\u00e2tellenies ayant haute justice et ch\u00e2teaux tenables&nbsp;; quelquefois trois suffisaient. Beaumarchais est le cr\u00e9ateur de la baronnie de Calvinet, qui n\u2019existait pas avant lui. Simple justice avec repaire sans importance et quelques sous-fiefs nobles jusque-l\u00e0, elle prend, \u00e0 partir de lui seulement, la qualification de baronnie dans les documents. Calvinet est m\u00eame, si je ne me trompe, l\u2019une des premi\u00e8res si ce n\u2019est la premi\u00e8re terre de Haute-Auvergne \u00e0 laquelle on trouve cette qualification dans les actes. Les quatre ch\u00e2tellenies de la baronnie de Calvinet \u00e9taient&nbsp;: Calvinet, Roussy, La Vinzelle, et Ginouillac en Rouergue.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce travail op\u00e9r\u00e9, vinrent les difficult\u00e9s de personnes. Il fallut contraindre les vavasseurs nobles \u00e0 reconna\u00eetre la suzerainet\u00e9 du nouveau ma\u00eetre. Il le fit de 1289 \u00e0 1293.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1280, il re\u00e7oit l\u2019hommage de Hugue de Montsalvy, fils de Hugue, pour les affars d\u2019Alogne, de Frons, de Maynials, de Roussy&nbsp;; et celui de G\u00e9raud, seigneur de la Valade pour le mas \u00ab&nbsp;dels Sols&nbsp;\u00bb, l\u2019appendiaire de la Richardie et le bois \u00ab&nbsp;del Vinhal&nbsp;\u00bb. L\u2019ann\u00e9e suivante (1290), il r\u00e8gle par compromis ses diff\u00e9rends au sujet du fief de Roussy avec Hugue de Montsalvy, Pierre de Montsalvy, pr\u00eatre, fils de Hugue, les fr\u00e8res G\u00e9raud et Guy, fils de feu Guy de Montsalvy.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019arrondit encore en 1292 en achetant \u00e0 Hugue Vidal les affars de la Garrigue et d\u2019autres biens au pr\u00e9v\u00f4t de Montsalvy.<\/p>\n\n\n\n<p>Eustache de Beaumarchais mourut en 1294. Apr\u00e8s sa mort, des accusations furent dirig\u00e9es contre lui. On lui reprochait de nombreuses exactions qu\u2019il aurait commises au cours de sa carri\u00e8re politique et administrative. Mais il ne para\u00eet pas que la preuve en ait \u00e9t\u00e9 faite.<\/p>\n\n\n\n<p>La seigneurie de Calvinet passa dans la famille de Chambly par le mariage de Marie, fille de Beaumarchais, avec Jean Hugue de Chambly, seigneur de Longperier. En 1322, cette terre fut vendue par Marie, s\u00e9par\u00e9e de son \u00e9poux, \u00e0 Pierre de La Vie dont la famille la poss\u00e9da jusqu\u2019au XV\u00e8me si\u00e8cle. En 1434, elle fut vendue au duc de Bourbon, par Jacques de La Vie, seigneur de Villemur. Ult\u00e9rieurement possession royale, la terre de Calvinet passa, ainsi que nous l\u2019avons dit, aux princes de Monaco.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur Calvinet, nous lisons dans les r\u00f4les du vingti\u00e8me de 1761&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La paroisse de Calvinet est situ\u00e9e en plat pays couvert de ch\u00e2taigniers ou de brossiers. Elle comprend 41 feux. Le terrain, un peu l\u00e9ger, ne produit que du seigle, de l\u2019avoine et du bl\u00e9 noir. Il y a de bons pacages et d\u2019autres pour les moutons, appel\u00e9s brossiers. Les arbres fruitiers sont en assez grande quantit\u00e9, mais leur qualit\u00e9 n\u2019est pas bonne, de sorte que les habitants n\u2019en retirent pas grand profit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les habitants n\u2019ont d\u2019autre industrie que la culture de leurs biens. Les ch\u00e2taignes leur sont d\u2019un grand secours&nbsp;; la qualit\u00e9 en est tr\u00e8s bonne, et la quantit\u00e9 assez consid\u00e9rable. On les porte \u00e0 Aurillac distant de quatre lieues.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la paroisse de Calvinet se trouvait le fief de La Mothe. Cette seigneurie \u00e9tait en 1332 la propri\u00e9t\u00e9 de Bertrand de Roquefort. De cette famille elle passa, par le mariage d\u2019Agn\u00e8s de Roquefort \u00e0 la fin du XIV\u00e8me si\u00e8cle, \u00e0 la famille de Gausseraud, qui poss\u00e9dait la Nigelle. Elle \u00e9chut plus tard, par succession, \u00e0 la fin du XVII\u00e8me, \u00e0 Antoinette de P\u00e9lamourgue, qui \u00e9pousa en 1712, Pierre de Bonafos, seigneur de la Roussilhe, dont les descendants sont encore en possession de cette terre. Elle \u00e9tait alors de la commune de Mourjou, et ne fut rattach\u00e9e \u00e0 celle de Calvinet qu\u2019au cours du si\u00e8cle dernier.<\/p>\n\n\n\n<p>compl\u00e9ment publi\u00e9 en 2018; source du groupe \u00ab&nbsp;calvinet notre histoire&nbsp;\u00bb \u2013 Guy Ouillades<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait de la notice historique sur le canton de Montsalvy, r\u00e9dig\u00e9e par Gabriel ESQUER (1876-1961), archiviste du d\u00e9partement du Cantal entre 1903 et 1909, publi\u00e9e dans les \u00e9ditions successives de l\u2019annuaire de l\u2019Association amicale des originaires du canton de Montsalvy. Le pr\u00e9sent extrait est tir\u00e9 de l\u2019\u00e9dition de cet annuaire du mois d\u2019octobre 1936. De [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"jetpack_post_was_ever_published":false,"footnotes":""},"class_list":["post-1754","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/PaADkW-si","jetpack-related-posts":[{"id":1757,"url":"https:\/\/puycapel.fr\/index.php\/liens-avec-la-principaute-de-monaco\/","url_meta":{"origin":1754,"position":0},"title":"Liens avec la Principaut\u00e9 de Monaco","author":"Antoine Puech","date":"24 novembre 2019","format":false,"excerpt":"Les liens entre la Principaut\u00e9 de Monaco et la commune de Calvinet datent du XVII\u00e8me si\u00e8cle.Par le Trait\u00e9 de P\u00e9ronne du 14 septembre 1641, Honor\u00e9 II Grimaldi, Prince de Monaco, abandonne le protectorat de l\u2019Espagne pour se mettre sous la protection du roi de France Louis XIII, qui lui avait\u2026","rel":"","context":"Article similaire","block_context":{"text":"Article similaire","link":""},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":2883,"url":"https:\/\/puycapel.fr\/index.php\/urbanisme\/","url_meta":{"origin":1754,"position":1},"title":"Urbanisme","author":"Mairie Puycapel","date":"4 septembre 2020","format":false,"excerpt":"--En priorit\u00e9 d\u00e9posez vos demandes d'urbanisme le mardi, jeudi matin (Mourjou) et vendredi apr\u00e8s-midi (Calvinet)- Les dossiers d'urbanisme sont enregistr\u00e9s en mairie et instruits ensuite par le Service ADS (Autorisation Droit des Sols) de la Communaut\u00e9 d'Agglom\u00e9ration du Bassin d'Aurillac. Pour toute demande de renseignements sur votre projet vous pouvez\u2026","rel":"","context":"Article similaire","block_context":{"text":"Article similaire","link":""},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":7995,"url":"https:\/\/puycapel.fr\/index.php\/transport-scolaire\/","url_meta":{"origin":1754,"position":2},"title":"Transport scolaire","author":"Mairie Puycapel","date":"27 avril 2023","format":false,"excerpt":"-SERVICE ORGANISE LOCALEMENT PAR LA COMMUNAUTE DE COMMUNES- L\u2019inscription des enfants au transport scolaire organis\u00e9 par la R\u00e9gion Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes et localement par la Communaut\u00e9 de Communes de la Ch\u00e2taigneraie Cantalienne (GPTS\u00a0: Gestionnaire de Proximit\u00e9 des Transports Scolaires),\u00a0s\u2019effectue en ligne.\u00a0 La Communaut\u00e9 de Communes reste l\u2019interlocuteur privil\u00e9gi\u00e9 pour fournir tous les\u2026","rel":"","context":"Article similaire","block_context":{"text":"Article similaire","link":""},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":828,"url":"https:\/\/puycapel.fr\/","url_meta":{"origin":1754,"position":3},"title":"Bienvenue sur le site internet de Puycapel","author":"Mairie Puycapel","date":"18 avril 2019","format":false,"excerpt":"Bienvenue sur le site officiel de la commune de Puycapel. 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